Lundi 15 septembre 2008
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Je viens de déménager. Mon nouveau quartier est vivant, agréable, même s'il ne fait pas bon y garer sa voiture toute la nuit.
Mais l'ambiance y est plus chaleureuse que partout ailleurs. C'est en y flânant que je décidais de me procurer quelques bâtons d'encens dans une librairie musulmane. Ceux qui ont voyagé en Orient
(ou dans certains quartiers de Paris) se remémoreront les boutiques exigües où les babouches et les flacons de shampoing s'empilent jusqu'au plaf ond ou le vendeur qui échange les dernières
nouvelles avec un ami dans une langues aux sonorités graves, dans le fond de sa boutique. C'est dans ce genre de boutique, semblable à tant d'autres que je m'apprêtais à payer mes achats lorsque le
vendeur (propriétaire?) remarqua la croix celtique que je portais autour du cou et me demanda si j'étais catholique ou bien protestante. Ma réponse fût que je croyais en Dieu. C'est avec
plaisir que je sentais venir au pire, le débat théologique, au mieux, l'échange enrichissant. La discussion s'engagea. Humilité et orgueil de l'homme, désinterêt de l'homme pour la religion ponctué
pour sa part de citations du Coran. Puis il évoqua Adam, les anges, puis Satan. C'est alors qu'une faille se dessina dans notre compréhension: la soumission à Dieu. Mais si nos vue différaient
en ce point, elles ne devaient pas nous empêcher de continuer. Je dirigeai alors la conversation sur une autre pente, mais sans plus de succès puisque son discour devenait antisémite. La
discussion restait cependant courtoise, mais j'avais renoncé à exposer mon opinion, pour adopter une attitude de neutralité. Alors que je m'apprêtais à partir, l'homme proposa de me donner un livre
de sa librairie, puis un deuxième. Le premier étant Dialogue Musulman Chrétien (je noterai les références exactes ultérieurement) et le second titre était à peu près "Dialoguer avec un athée". Ce
titre me fit sourire en même temps qu'il me surprenait: un athée. Comme une nationalité. Comme une personne avec laquelle il est difficile de communiquer, et qui nécéssiterait une sorte de
"dictionnaire" pour pouvoir être déchiffré. Après l'avoir remercié pour ces cadeaux, je lui tendis la main, qu'il ne toucha pas. Je ne suis pas rompue aux us et traditions musulmanes, je fus donc
un peu surprise, puis me resaisis en me souvenant que j'étais une femme, et qu'il me restait beaucoup à apprendre des relations homme-femme au sein de l'Islam.
J'ai commencé le premier livre aussitôt rentrée chez moi. Il s'agissait effectivement d'une "confrontation" entre un Musulman et un Chrétien. Mais du dialogue, je n'en ai vu que la signification
première, à savoir l'altérnance en style direct des déclarations de deux personnes. Le Chrétien passe pour un disciple du Musulman, de ce fait ignorant et plein de curiosité, seulement ici, il
paraît (pardonnez-moi l'expression) niais. Ce qui m'a surprise, c'est que le Musulman donnait ses réponses, qui étaient toujours les bonnes, c'est à dire jamais réfutées par le Chrétien, ou alors
mollement. Je me suis alors souvenue que l'homme, en me remettant ce livre, avait parlé de "conversion". C'est donc avec le plus grand interêt que je lus le passage du livre qui traitait
de la persevérance de la conversion à l'Islam de la part des Musulmans. La réponse fut (à peu de choses près, car je n'ai pas le livre sous les yeux) "Nous convertissons comme les Chrétiens l'ont
fait dans leurs colonies , mais nous ne convertissons pas par l'épée". C'est un argument sans en être un. En d'autres mots: "Nous pouvons bien faire ce que vous avez fait vous même, de plus, nous
le faisons mieux que vous". Où est la défense? Où est la foi, la bonne volonté? Il se dédouane, un point c'est tout.
Alors voilà. Ceci n'était pas ma première confrontation à l'Islam, j'ai d'ailleurs une amie convertie à cette religion et avec laquelle nous avons des discussions enrichissantes. Cependant,
j'attendais un échange plus qu'une simple tolérance, mais je suppose que chacun vit sa religion différemment.
Je demanderai aux lecteurs de ce blog de ne pas voir dans cet article une critique de l'Islam, car c'est loin d'être le cas. Cet article tient davantage du témoignage, d'une expérience que j'ai
vécue avec un autre être humain et qui a donné naissance (comme elle continuera à egendrer) à des questions et des réflexions.
Pourquoi le sexisme? Pourquoi la volonté de convertir les autres? Pourquoi l'antisémitisme? Pourquoi une religion à ce point ancrée dans ses traditions, les mêmes ou presque depuis des
siècles, peut être comprise d'un millier de manières différentes?
Cet article diffère des précédents, il a été écrit "à chaud", comporte peu de réfléxion et tient plus du journal intime.
Amis de toutes religions, de toutes croyances, je vous salue et vous remercie.
Par Pièce du Puzzle
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Publié dans : spiritualité
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